The Witcher, saga littéraire dopée par les succès de jeux vidéo et d’une série menée par Henry Cavill, profite d’une nouvelle itération : un film prequel animé sur Netflix, intitulé The Witcher Le cauchemar du loup. Notre avis.

Image du film Animé The witcher le cauchemar du loup

Le film animé The Witcher : Le cauchemar du loup s’attache à la formation puis à l’activité meurtrière de Vesemir, futur mentor de Geralt, héros de la série Netflix The Witcher.

Pour mémoire, The Witcher est adaptée de la fresque d’heroic fantasy Le Sorceleur signée par l’auteur polonais Andrzej Sapkowski et éditée par Bragelonne. Sur fond d’univers médiéval magique, The Witcher conte les aventures du Sorceleur Geralt (Henry Cavill), mutant renfrogné spécialisé dans la lucrative traque de monstres.

Des fondamentaux et des plus

Dans The Witcher le cauchemar du Loup, les fondamentaux de The Witcher sont respectés : action, ultra-violence et humour grinçant.

Mais, contrairement à la série avec Henry Cavill, Le cauchemar du loup détaille un certain nombre d’aspects crépusculaires justes esquissés et pourtant bien présents dans les ouvrages originaux.

Dans Le cauchemar du loup, les monstres surnaturels devenant rares, les Sorceleurs, mus par une soif d’argent et de plaisirs sans fond, n’hésitent plus à prospérer à coup d’affreuses arnaques. Les elfes, loin des créatures de rêve du Seigneur des anneaux, ont visiblement perdu la guerre contre les humains et restent cantonnés à la fange et à d’hypothétiques cauchemars de revanche.

Une heureuse part d’obscurité

À travers le parcours de Vesemir, le film animé révèle aussi l’extrême monstruosité infligée à des enfants pour les transformer en Sorceleurs, seuls capables d’affronter la dangerosité des créatures magiques hantant le monde. A 70 ans passés, Vesemir semble un puissant trentenaire, mais cette jeunesse surnaturelle entraîne – pour lui comme pour les autres Sorceleurs – un prix personnel très lourd à payer.

En fait, tous les protagonistes du Cauchemar du loup recèlent une heureuse part d’obscurité et de monstruosité qui, paradoxalement, leur confère plus de relief, d’intérêt et, pour tout dire, de maturité.

Une plaisante mélancolie désenchantée

Si Le cauchemar du Loup réalisé par Kwang Il Han, (Avatar le dernier maître de l’air, La légende de Korra) reste, dans la forme, fidèle à nombre de séries d’animation nipponnes, avec un héros cabotin et arrogant ainsi qu’une brillante esthétisation des combats, c’est sa nature mélancolique et désabusée qui surprendra.

C’est cette tonalité paradoxalement désenchantée qui lui confère un attrait renouvelé.

Un prequel mieux que la série dont il s’inspire

Au point qu’on croise les doigts pour que la saison 2 à venir de la trop sage série The Witcher avec Henry Cavill s’inspire du surprenant virage narratif introduit par The Witcher le cauchemar du loup.

Car ce serait sans doute ainsi que The Witcher deviendrait ce que souhaitait initialement Netflix en attaquant la production de la série : une alternative inventive à Game of Thrones.